Recherche

DossierSauter dans le grand bain du public

Dans un contexte économique où il faut faire toujours mieux avec moins, le levier achat est devenu roi. Les achats publics n'hésitent donc plus à s'inspirer des pratiques issues du privé et à embaucher des acheteurs sachant manier négociation, relations fournisseurs ou marketing achat.

Publié par le
Lecture
16 min
  • Imprimer
Sauter dans le grand bain du public

1 Fonction publique, secteur privé : quelles différences ?

"La contrainte budgétaire étant là, les trois fonctions publiques se posent plus que jamais la question de gagner des marges de manoeuvre. Dans cette logique, toutes les techniques pour optimiser le fonctionnement et les moyens généraux sont les bienvenues ", campe Tony Lourenço, président de Territoires RH, un cabinet de conseil en ressources humaines et en organisation spécialisé dans la fonction publique.

Dès 2005, ce dernier a créé un cursus métier intitulé "responsables achats et commande publique", destiné à accompagner des acheteurs issus du privé en les formant à l'achat public afin qu'ils intègrent le secteur. " À l'époque, l'achat public était essentiellement piloté et produit par des juristes en marchés publics souvent issus de formations en droit, là où le métier d'acheteur est un mélange, certes de juridique, et surtout d'achat au sens école de commerce. " Une dimension économique souhaitée, également, par l'ex-ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui avait lancé un message piquant aux acheteurs publics, pas assez enclins, selon lui, à défendre les entreprises françaises : " On va vous rééduquer ! Vous passez votre temps à faire du droit, faites plutôt de l'économie. "

2 " On ne recherche plus des juristes marchés publics mais des acheteurs "

Une véritable culture achats commence, néanmoins, à faire son chemin dans le secteur public. Cette prise de conscience économique dans la manière de gérer les achats a débuté en 2001, avec la réforme du code des marchés publics. Une démarche amplifiée, en 2004 et 2006, à la suite de nouvelles réformes du code. Mais le véritable tournant a eu lieu en mars 2009 avec la création du SAE, le Service des achats de l'État, qui confirme la volonté de modernisation et de professionnalisation de la fonction d'acheteur public.

Sur le terrain, le changement s'est mis en place progressivement et, à présent, la donne est claire : le public recrute des acheteurs au sens privé et économique du terme, pour optimiser ses dépenses via des politiques d'achats structurées. " Aujourd'hui, on ne recherche plus des juristes marchés publics mais des acheteurs qui ont vocation à faire de l'achat, c'est-à-dire qui utilisent le code de la commande publique, mais pas seulement. L'idée est de placer la fonction achat au niveau de la fonction de direction générale afin d'optimiser tous les process liés à l'achat public ", observe Tony Lourenço.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l'article suivant : L'acheteur devient une clé de voûte dans la conduite des politiques publiques.



Une gestion des deniers publics efficace implique la recherche du "juste prix". Pour ce faire, les services achats se professionnalisent et intègrent simultanément des pratiques et des cadres issus du secteur privé. Une révolution ? Plutôt une évolution.

3 Une cadre encore rigide...

Si les acheteurs privés et publics poursuivent le même objectif, à savoir l'optimisation de leurs politiques d'achats et la réduction des coûts, l'environnement et le cadre juridique dans lesquels ils évoluent diffèrent. Recrutée en 2006 par Christophe Aurand, directeur général adjoint de la Ville de Sens (Yonne), Chantal Lefranc venait de l'industrie, plus précisément d'une société spécialisée dans la fabrication de parasols et parapluies. Après 20 années passées en tant que responsable des achats et des approvisionnements, elle a subi la liquidation puis la fermeture de sa société, et a alors décidé de suivre une formation d'acheteur international à la CCI de Dijon.

C'est à ce moment-là qu'elle a appris que son profil intéressait fortement le secteur public. " Depuis un certain nombre d'années, dans mon emploi dans le privé, j'avais instauré des règles de mise en concurrence et des procédures qui s'apparentaient à ce que je fais aujourd'hui dans le cadre de la fonction publique et du code des marchés, explique-t-elle, avant de poursuivre : la différence essentielle est que les rapports sont beaucoup plus directs dans le privé. Dans le public, il faut passer par des procédures écrites pour les projets

HA Propos
sponsorisé
HA Propos : La commande publique à l'aune de la Sociét…

Livres Blancs

Voir tous les livres blancs

Vos prochains événements

Voir tous les événements

Voir tous les événements

S'abonner
au magazine
Se connecter
Retour haut de page