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Management: Arrêtons de dire que la Gen Z fuit le travail et ses responsabilités !

La Gen Z serait-elle si différente des générations précédentes en galère pour manager, recruter et fidéliser ces jeunes ouailles. La vérité est ailleurs.

Publié par Geoffroy Framery le - mis à jour à
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Management: Arrêtons de dire que la Gen Z fuit le travail et ses responsabilités !
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Billet d'humeur. 38 millions de démissions en 2021 pour ce qu'on surnomme le Big Quit. Un chiffre à mettre en perspective avec les 161 millions d'actifs aux États-Unis et les 7 millions de chômeurs. Soit une personne en emploi sur quatre qui aurait démissionné. En réaction, certaines entreprises ont décidé de redoubler d'effort pour être aux petits soins. Exemple médiatique avec le géant de la tech Cameo qui accorde une prime de 10 000 dollars brut pour le retour au bureau à raison de 4 fois par semaine contre un deux cinquièmes en présentiel établi post-Covid... Les organisations n'ont pas manqué d'imagination pour remotiver les troupes.

Mais au premier rang de ces émissaires revendicateurs, une cohorte d'individus aspire soi-disant à une autre vie professionnelle. La génération Z. Génération, dans l'open space, qui regarde ses talks de téléréalité pendant la pause méridienne, génération qui se vautre dans les canapés de l'entreprise, comme si elle était chez mamie... Génération qui, de fait, a du mal à dialoguer avec la génération Y ou celle d'avant. « Tu as vu... Je n'aurais jamais osé moi... ! », peut penser la vieille garde. Génération peut être en avance sur les valeurs sociétales - n'est-ce pas le principe de la jeunesse- mais peut-être aussi déjà vieille et nostalgique sur le mode de vie -tout le monde s'accordera à dire que la vie était plus simple, plus authentique avant. C'était peut-être vraiment mieux avant.

Et pourtant, il ne fallait pas attendre 2025 pour entendre de la bouche de Socrate que "nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l'autorité et n'ont aucun respect pour l'âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans." L'éternel recommencement entre jeunes et moins jeunes ou entre jeunes cons et vieux cons.

Mais quelle mouche a bien pu piquer la génération des 2000 ? Premier chiffre avancé par France Travail, le nombre de changement de métier. La Gen Z changerait jusqu'à quatre fois de métier. Dans la nomenclature des actifs, ils seraient considérés comme mobile, au même titre que les femmes. Le rapprochement n'est que statistique. Autre particularité, la Gen Z se projetterait entre 13 et 15 emplois différents. L'éventail de la génération précédente serait de 5 à 13. Une bougeotte pour avoir selon un récent sondage de Jabra, un management plus empathique et une culture d'entreprise qui concilie davantage vie privée et vie perso.

Des attentes naturelles finalement dans un contexte où cette génération n'a jamais été aussi en proie au stress, à l'anxiété et à l'isolement dans un climat d'incertitude géopolitique et climatique qui doit faire plaisir aux labos. Logique quand la retraite devient lointaine, très lointaine... N'oublions pas, chiffres Insee à l'appui, que 12% des actifs n'atteignent pas 62 ans. Quid de la barrière des 68 ? Logique aussi lorsqu'on réalise que les attentes des jeunes ne sont plus de « laisser maman à la maison ». Là aussi il faudra concilier la vie privée et la vie perso.

Mais sont-ce réellement des attentes générationnelles ? Pas vraiment pourrait-on penser quand on reboucle avec les départs massifs des entreprises aux États-Unis. Pas vraiment non plus selon Bpifrance qui met en exergue les réussites entrepreneuriales de cette génération agile. La jeunesse veut entreprendre avec sérieux. Différemment des moins jeunes mais pas moins qu'eux.

De même, nous aurions tort de penser que certaines valeurs sont mortes en 2025 à l'aune de notre petite expérience. Car dans les chiffres, la Gen Z, selon un sondage Ipsos pour le Cesi sur les attentes des étudiants place la valeur travail et la réussite professionnelle comme un facteur clé de bonheur pour 90% des jeunes interrogées. De même, avoir le goût du travail est perçu comme l'élément le plus important pour réussir sa vie professionnelle, devant le fait d'avoir un réseau et du courage.

Last but not least, et contrairement à ce que pensent nombre de managers et de chefs d'entreprises interrogés dans ce même sondage, la Gen Z est intéressée par les responsabilités, même lorsqu'elles ne font pas partie de leur fiche de poste. Un hiatus persiste entre valeur perçue et valeur réelle. Retournons une dernière fois les préjugés, si vous me le permettez ? L'impatience, perçue, n'est-elle simplement pas le moteur de l'ambition et non un obstacle managérial. Et vouloir tout, tout de suite ne consiste-t-il pas en un simple carburant qui permet à la Gen Z de trouver de la motivation plutôt que d'être une finalité professionnelle ? En bref, nos ornières ne seraient-elles pas le premier obstacle finalement entre les générations ? Je vous laisse juge.

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