Une hausse des prix du gaz au 2e trimestre
Le marché du gaz a connu quelques bouleversements au cours du deuxième trimestre, entraînant une augmentation des prix à court terme. Néanmoins, le bon remplissage des stocks est de bon augure pour les semaines à venir. Les prix de l'électricité se sont, eux, stabilisés. Le marché a été marqué par une forte production décarbonnée et renouvelable en France.

Les trimestres se suivent mais ne se ressemblent pas toujours sur le marché de l'énergie. Alors que le début de l'année a été marqué par une baisse des prix du gaz et de l'électricité, la tendance semble s'être inversée. Selon le cabinet de conseil en énergie Omnegy, le prix du gaz a augmenté de 31,1 % sur un mois durant le deuxième trimestre, pour atteindre 34,18 €/MWh en juin. De même, les prix pour 2025 et 2026 ont respectivement progressé de 25 % et 17,4 %. « Ces pourcentages dégressifs indiquent que les tensions sur le marché vont plutôt peser sur le court terme que sur le long terme », indique Édouard Lotz, analyste marché et énergie au sein du cabinet de conseil en énergie Omnegy.
Des bouleversements sur le marché du gaz
Plusieurs raisons peuvent expliquer cette remontée des cours. « La Norvège a effectué des maintenances sur son infrastructure gazière. Celles-ci ont connu des incidents et retards, ce qui a tendu le marché », explique Édouard Lotz. Par ailleurs, Gazprom a notifié à OMV, société autrichienne livrant du gaz et du pétrole, qu'elle ne recevrait plus de gaz russe au courant de l'été. En outre, des vagues de chaleur en Asie ont fait exploser la consommation d'énergie ce qui a eu pour conséquence une hausse de la demande de GNL (gaz naturel liquéfié), tirant les prix vers le haut également en Europe. Enfin, le Vieux Continent a importé moins de GNL sur ce trimestre par rapport à l'an dernier. Malgré ces bouleversements, l'optimisme reste de rigueur car les stocks ont poursuivi leur remplissage pour atteindre près de 80 % en juin. « Nous devrions être aux alentours de 100 % en novembre ce qui permettra d'aborder l'hiver confortablement et de tempérer les hausses des prix », confie Édouard Lotz. L'expert conseille toutefois d'attendre quelques semaines avant de contractualiser. « Mais il est préférable d'acheter avant le début de l'hiver car l'incertitude concernant les températures hivernales peut entraîner une hausse des prix », note-t-il.
Moins de turbulences sur le marché de l'électricité
De son côté, le marché de l'électricité fut moins mouvementé malgré une hausse spectaculaire des tarifs à court terme. Le prix de l'électricité sur un mois a bondi de 143,3 %, pour atteindre de 55,56 €/MWh. « Ce niveau reste toutefois très faible. Lors de la crise, le prix s'élevait à plus de 1000 €/MWh », rappelle l'analyste. Début avril, le prix sur un mois s'élevait à 22 €/MWh. Ces niveaux historiquement faibles sont la conséquence d'une forte production décarbonée et renouvelable en France. Lors du deuxième trimestre, 98,5 % de production électrique du pays a été couverte par du nucléaire et du renouvelable. Cela explique pourquoi les prix à court terme sont inférieurs au long terme. Les prix pour 2025 et 2026 sont en effet restés stables et s'élèvent respectivement à 74,74 €/MWh (+2,3%) et 64,62 €/MWh (+0,8%). « Les niveaux sont assez bas et les prix ne devraient pas s'effondrer. La période est plutôt idéale pour signer des contrats », estime Edouard Lotz. Après avoir connu une flambée énergétique ces dernières années, 2024 semble marquer un retour à la normale.
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