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Comment s'adapter à la reconfiguration des flux mondiaux dans le secteur logistique ?

Publié par Denica Tacheva le | Mis à jour le

Face à la reconfiguration des flux mondiaux, les responsables supply chain et achats doivent revoir en profondeur leurs stratégies pour rester compétitifs. Une mutation au coeur des débats à l'occasion du SITL 2025.

Entre crises géopolitiques, ruptures d'approvisionnement et explosion des coûts, les entreprises doivent ajuster leur organisation. Ce qui fonctionnait hier n'est plus valable aujourd'hui, et rien ne garantit que les solutions actuelles tiendront demain. Les responsables supply chain doivent repenser leurs stratégies logistiques, anticiper les changements, sécuriser les flux et optimiser les coûts, sans jamais ralentir. Lors de son intervention au SITL, Anne-Marie Idrac, présidente de France Logistique, a envoyé un message : "Le monde change, il faut s'adapter en permanence. Ceux qui ne bougent pas disparaîtront."

"Les règles du jeu changent, il faut revoir nos cartes"

Les entreprises doivent composer avec des pressions de plus en plus fortes. "On est tout le temps en reconfiguration", affirme Anne-Marie Idrac. Entre la hausse des coûts, la multiplication des crises et la pression réglementaire, les marges des acteurs du transport sont mises à mal. "Les charges augmentent, et malheureusement, les prix des prestations n'évoluent pas en conséquence. Résultat : un effet de ciseaux qui entraîne des défaillances d'entreprises", regrette Anne-Marie Idrac.

À cette pression économique s'ajoute une transformation des flux mondiaux. "On ne voit pas une réindustrialisation massive, mais on commence à observer une régionalisation des échanges." détaille la présidente de France Logistique. Le nearshoring et le fanshoring modifient les besoins logistiques, diversifient les sources d'approvisionnement pour éviter les risques géopolitiques. En clair : "Plus, vous avez de fournisseurs, plus vous avez besoin de transport et de stockage.", déclare Anne-Marie Idrac. Le modèle où les chaînes d'approvisionnement s'appuyaient principalement sur l'Asie (ce qui permettait une gestion logistique relativement linéaire) est en train d'être remis en cause, sans pour autant qu'un nouveau schéma stable ne s'impose.

Simplifier, massifier, innover : les trois piliers de la survie

Face à une instabilité permanente, Anne-Marie Idrac est catégorique : "Si on ne simplifie pas à l'intérieur, on ne tiendra pas à l'extérieur." Cela passe par des décisions fortes. Certaines entreprises investissent massivement dans des hubs logistiques régionaux pour éviter les ruptures d'approvisionnement. D'autres misent sur le ferroviaire pour réduire leur dépendance aux camions dont les coûts deviennent imprévisibles. Anne-Marie Idrac illustre : "Un grand distributeur alimentaire, qui expédiait tout en camions a lancé des solutions rail-route pour sécuriser ses livraisons et amortir la volatilité des prix."

L'enjeu est aussi technologique. "Les outils de data permettent aujourd'hui d'anticiper les ruptures, de fluidifier les processus et d'éviter les surcoûts inutiles." Les acheteurs doivent s'en emparer et revoir leurs stratégies contractuelles : plus de flexibilité, plus d'options alternatives et une collaboration renforcée avec les logisticiens. "On ne peut plus fonctionner en silo : il faut une vision globale et adaptable.", rappelle la présidente de France Logistique.

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